Ces derniers jours, l’armée turque, profitant du désengagement opportun des Etats-Unis, mène une offensive importante dans le nord-est du territoire syrien jusqu’alors contrôlé par les forces kurdes et arabes de l’Administration Autonome du Nord et de l’Est de la Syrie.
Cette attaque militaire a non seulement pour objectif d’asseoir l’influence du président turc, Recep Tayip Erdogan, dans la région mais aussi, et surtout, de mettre fin à l’alternative politique présente au Rojava. Si les dirigeants des pays occidentaux ont mollement réagi, cherchant à masquer leur implication directe, Erdogan n’hésite pas à utiliser les centaines de milliers de réfugiés présents en Turquie en menaçant l’Union européenne de leur ouvrir le passage vers l’ouest.
Les forces révolutionnaires kurdes et arabes ont été, et sont toujours, en première ligne contre tous les fascismes, tous les régimes autoritaires de la région : Etat islamique, gouvernements syriens ou turcs…
En plus de mener ce combat pour la démocratisation de la région, l’Administration Autonome du Nord et de l’Est de la Syrie a proposé et mis en œuvre un système politique original, basé sur le respect de la diversité culturelle et religieuse, la démocratie directe, le féminisme, l’écologie. Ces valeurs et principes sont les nôtres.
Réuni les samedi 12 et 13 octobre 2019, le Secrétariat International de la CNT exprime toute sa solidarité aux peuples du Rojava et à la résistance. Nous appelons à participer à l’ensemble des mobilisations appelées par les réseaux de solidarité avec le peuple kurde en France et ailleurs.
La
loi Blanquer remet profondément en cause le fonctionnement des
écoles maternelles et élémentaires.
Elle suscite à juste titre l’opposition massive des enseignants
des écoles et des parents d’élèves. Mais
elle n’est que la déclinaison pour les écoles d’une politique
globale.
On retrouve la même logique dans les « réformes » du
collège et du lycée. La nouvelle « réforme » de la
fonction publique, actuellement en discussion au parlement, reprend
tous les objectifs fondamentaux qui sous-tendent dans le secteur de
l’éducation la politique de Blanquer et de ses prédécesseurs :
autonomie des
établissements,
recrutement de
contractuels,
renforcement des
pouvoirs de la hiérarchie.
Pour
les initiateurs de ces politiques,
il y a urgence à remettre en cause le fonctionnement de la
fonction publique :
elle coûte trop cher
dans la mesure où l’État consacre une part croissante de son
budget à « soutenir » les entreprises privées à coups de
subventions, d’exonérations de cotisations sociales et de crédits
d’impôts. Tout
compris, ces aides diverses coûtent près de 70 milliards d’€
par an. Si l’État est en déficit chronique, c’est pour financer
toutes ces aides, en particulier celles qui ont permis d’éponger
les pertes des banques après la crise de 2008 : les intérêts
annuels de la dette de l’État sont de l’ordre de 40 milliards
d’€. Ce sont
donc 110 milliards d’€
que l’État redistribue globalement au Capital sur un budget total
de 350 milliards.
Or,
en raison de la
réforme des retraites,
la masse salariale de
la fonction publique augmente :
en reculant le départ à la retraite des fonctionnaires, le salaire
de ceux qui devaient partir a mécaniquement augmenté du fait de
l’avancement, et le recrutement de nouveaux fonctionnaires en début
de carrière, donc moins payés, a été retardé d’autant, d’où
l’augmentation de la masse salariale des fonctionnaires. Pour
s’en sortir, le gouvernement actionne donc plusieurs leviers :
1)
Il essaie de supprimer des postes de fonctionnaires.
2)
Il voudrait ne plus avoir à gérer directement le salaire des
fonctionnaires.
3) Il veut recruter des
contractuels à la place des fonctionnaires.
Supprimer
des postes :
Sarkozy
avait décidé de ne plus remplacer un fonctionnaire sur deux partant
à la retraite. Macron veut supprimer 120000 postes dans la fonction
publique. Mais les suppressions de postes passent mal dans l’opinion,
surtout quand elles touchent l’éducation. C’est
pourquoi le gouvernement veut aussi
agir sur d’autres leviers.
Cela
n’empêchera évidemment pas Macron de supprimer un maximum de
postes de fonctionnaires. Il s’efforcera, comme ses prédécesseurs,
de faire en sorte que ce soit le moins visible possible. La
quasi-disparition programmée, et déjà fortement avancée des
Centres d’Information et d’Orientation (CIO) en est un exemple.
Transférer
la gestion des personnels :
L’État
voudrait transférer la gestion du maximum de fonctionnaires d’État,
soit aux collectivités territoriales, soit à des établissements
publics autonomes sur le plan financier, comme il a réussi à le
faire avec les hôpitaux ou les universités.
Aujourd’hui,
chaque université, chaque hôpital est doté d’un budget global
sur lequel il doit tout payer, y compris les frais de personnel.
C’est une véritable catastrophe du point de vue du service public
et de l’emploi public. Les universités, comme les hôpitaux sont
contraints de supprimer des emplois ou de ne pas créer les emplois
nécessaires afin d’avoir un budget en équilibre. Le gouvernement
voudrait pouvoir faire la même chose avec l’ensemble du personnel
enseignant. C’est la raison pour laquelle il veut regrouper les
écoles autour de leur collège de secteur. C’est une première
étape pour créer des établissements autonomes sur le plan
financier sur le modèle des universités. De même l’idée de la
mise en place de « Jardins d’enfants », où une
délégation de service s’opérerait au détriment des écoles
maternelles.
Recourir
massivement aux contractuels :
Dans
tous les cas, le
gouvernement voudrait
remplacer les personnels sous statut de fonctionnaires par des
personnels contractuels,
beaucoup moins bien payés, sans garantie de l’emploi et sans
avancement de carrière.
À
France Télécom ou à la Poste, la possibilité de recruter des
contractuels ne date pas d’hier. Et aujourd’hui, les
fonctionnaires y sont devenus archi-minoritaires. Cela a entraîné
une dégradation massive des conditions de travail dans ces deux
anciennes entreprises publiques, aussi bien pour les contractuels que
pour les fonctionnaires. C’est l’objectif que poursuit le
gouvernement avec sa « réforme » de la fonction publique :
pouvoir recruter des contractuels sur des CDD « de projet »,
autoriser le recrutement par voie de contrat sur les emplois
permanents de catégorie A, B et C au sein de la Fonction Publique
d’État.
La
réforme Blanquer ne prévoit rien d’autre avec la possibilité de
confier la classe, non seulement à des contractuels non formés,
mais même à des étudiants ou à des Assistants d’Éducation.
Renforcer
le poids de la hiérarchie :
Pour
appliquer une telle politique, qui va à l’encontre des intérêts
du personnel, mais aussi à l’encontre de ceux des usagers, il faut
renforcer le poids de la hiérarchie. C’est là aussi l’un des
objectifs de la loi Blanquer avec la quasi-disparition des directeurs
d’écoles par leur mise sous tutelle des principaux de collèges,
mais aussi avec la restriction de la liberté d’expression pour les
enseignants qui devront s’abstenir de critiquer la politique menée
en matière d’éducation, toutes mesures prévues par la loi
Blanquer.
Comme
on le voit, la loi Blanquer s’inscrit dans une logique globale.
C’est pourquoi il est indispensable de lier notre combat contre
cette loi au combat contre la réforme de la fonction publique. Car
c’est une seule et même politique dont la loi Blanquer n’est que
la déclinaison pour les écoles.
Le
comité de grève des enseignants du Maine et Loire