Archive for the ‘Communiqués’ Category

Ton droit du travail vaut bien une grève générale !

vendredi, février 26th, 2016

Communiqué du 25 février 2016 de la CNT

Le gouvernement vient de divulguer son projet de loi sur la négociation collective, le travail et l’emploi. Ce projet est une véritable contre-révolution libérale qui vise à détruire l’ensemble des protections collectives des salarié-e-s. Tout y passe : protection contre les licenciements, temps de travail et heures supplémentaires, médecine du travail, amplitudes horaires identiques pour les mineurs [ou : « amplitudes horaires même pour les mineurs », selon le sens], plafonnement des indemnités prud’homales… et instauration de référendums d’entreprise qui permettront aux patrons de contourner les syndicats en mettant directement le pistolet sur la tempe des salarié.e.s. C’est un vrai catalogue du MEDEF, un cahier revendicatif en bonne et due forme transposé en texte de loi par un gouvernement vassal.

Après avoir annoncé ces mesures sur un ton hautain et autoritaire, menaçant immédiatement d’user du 49.3, le gouvernement s’est voulu rassurant ce lundi, lors de la visite de Manuel Valls, de Myriam El Khomri et d’un autre misérable tartuffe à Mulhouse. Une visite pleine de mépris lorsqu’un délégué CGT a remis une pétition s’opposant à cette contre-réforme de plus de 400 000 signatures (en cinq jours !), pétition initiée par des syndicalistes que l’on ne peut pourtant qualifier de révolutionnaires, certains étant même proches du PS.

Ce gouvernement cherche clairement l’affrontement avec les classes populaires et cette destruction du code du travail, couplée à celle de l’assurance chômage restreignant les droits des chômeuses et des chômeurs, ne reflète rien d’autre que la volonté de libéraliser totalement le marché du travail. Après la loi Macron, et toutes les mesures d’exonération de cotisations sociales dont le patronat a usé et abusé pour augmenter ses bénéfices, après les terribles réformes sur les retraites qui se sont enchaînées, après la destruction systématique de tous les services publics, sans qu’une réaction d’envergure ne se fasse jour, il fallait bien que le coup fatal arrive : en finir avec les restrictions collectives et individuelles aux licenciements, en finir avec toute forme de protection des salarié-e-s.

La propagande est toujours la même. Le cadre légal serait trop lourd et désuet pour faire face à la mondialisation capitaliste, ce qui empêcherait la croissance et donc l’emploi. C’est une aberration totale quand on sait que le pays est le deuxième au monde en termes de productivité. Car c’est bien le Code du Travail qui a permis de donner aux travaillleur.se.s des garanties sur leur temps de travail, leur santé, leur protection sociale et la relative durabilité de leurs emplois. C’est bien bien le Code du Travail qui a permis aux salariés de faire face au rapport inégal qu’ils entretiennent avec le patronat du fait du lien de subordination inhérent à toute relation salariale. Ce n’est donc pas au nom de l’emploi et de la compétitivité, mais bien pour son propre profit que le MEDEF, aidé par ce gouvernement aux ordres, veut tout reprendre sous couvert d’une crise économique dont ils sont les seuls responsables. Ils veulent le beurre et l’argent du beurre !

De plus, cette réforme touche l’ensemble de la réglementation du travail au prétexte d’alléger et de simplifier sa lecture qui, selon nos dirigeants, serait trop complexe actuellement. Une fois de plus, cela va en sens unique, tandis que l’accès aux droits des chômeurs et des chômeuses relève du parcours du combattant !

Selon le Premier Sinistre, « nous sommes au XXIe siècle, pas au XIXe ». Très bien. Si c’est le cas, qu’il cesse de vouloir nous y ramener en donnant tous les droits au patronat qui n’en demandait pas tant.

Il y a plus grave encore. Cette réforme, tout comme celles portant sur la Constitution et la loi pénale, se fait alors que nous sommes sous état d’urgence et que la répression frappe l’ensemble des militant-e-s syndicaux, allant même jusqu’à la prison. Comment ne pas penser dès lors que ce gouvernement joue au pompier pyromane, alors que le FN se tient en embuscade, éructant déjà des saillies sur cette réforme et dénonçant l’usage éventuel de l’article 49.3 qu’il ne renierait pourtant pas si on lit bien son programme ? Comment ne pas penser que ce gouvernement de sociaux-traîtres (à défaut de socialistes) s’est donné les armes pour museler toute contestation sociale, qui ne pourra qu’arriver à la vue de cette politique d’austérité sans précédent ?

Pour la CNT, les choses sont claires. Le rôle du syndicalisme n’est pas d’écrire avec le gouvernement la pire opération de destruction des acquis sociaux de l’Histoire, il consiste à s’inscrire dans un rapport de force, celui de la lutte des classes, qui permettra d’imposer au gouvernement l’abandon total et définitif de l’ensemble des dispositions scélérates qui constituent ce projet de loi. Pour nous, comme pour les générations futures, celles de nos enfants, rien n’est impossible : il est nécessaire de faire front pour faire reculer la loi du Capital !

Il appartient désormais à toutes celles et à tous ceux qui sont conscient-e-s de ce terrible enjeu pour les classes populaires d’informer partout les travailleurs et travailleuses de la perversité d’une telle réforme, de multiplier les réunions publiques et les assemblées générales ainsi que les débrayages dans tous les secteurs d’activité, de coordonner les initiatives unitaires et de participer à toutes celles qui verront le jour pour mettre en échec ce projet en développant grèves, occupations et blocages. Bref, il appartient dorénavant à chacun de se mobiliser, sur tous les terrains, pour gagner le retrait de cette réforme ignoble. Car assurément, le code du travail vaut bien une grève générale !

La CNT

État d’urgence : communiqué confédéral CNT du 29 nov. 2015

dimanche, novembre 29th, 2015

Communiqué de la CNT du 29 novembre 2015

Hier comme aujourd’hui, résistons à toutes les barbaries !

Suite aux terribles attentats du 13 novembre dernier, la situation sécuritaire et répressive a pris une dimension très particulière. Interdictions de manifestations, perquisitions administratives,
gardes à vue : l’usage politique fait par le gouvernement de l’état d’urgence a conduit ces derniers jours à la multiplication des interventions dans des milieux militants – notamment écologistes – et à
de nombreuses assignations à résidence pour motifs politiques. Notre organisation n’est pas en reste : une maraîchère bio et son compagnon ont subi une perquisition à leur domicile en Dordogne, sans que rien ne le justifie, tant au préalable que par la suite. De même, une réunion publique a été interdite dans le Val-de-Marne. Partout en France, les squats et les militants syndicaux, politiques ou associatifs, sont frappés par les mesures dérogatoires au Droit qu’implique l’état d’urgence.
Les chiffres sont éloquents : moins de 10% des perquisitions administratives ordonnées par les préfets ont abouti à des interpellations. Il est donc évident que l’objectif de l’état d’urgence est
bel et bien de réprimer le mouvement social dans un contexte intérieur et international particulièrement tendu.
Sur le plan intérieur, le gouvernement cherche à pratiquer la politique de la peur pour museler les opposants à sa politique antisociale qui ne cesse de détruire tous les acquis sociaux, allant jusqu’à vouloir réduire le code du travail à sa plus simple expression. Afin d’asseoir sa politique
internationale hyper agressive et guerrière, il s’efforce de faire taire toutes les voix discordantes dans l’union nationale qu’il tente d’imposer, notamment autour de la COP 21 en interdisant toutes les manifestations initiées par la société civile. C’est ainsi qu’il faut analyser les affrontements de ce dimanche 29 novembre à Paris. Ils ne sont que la conséquence de l’interdiction de manifester formulée par les autorités, leurs donnant ainsi prétexte de réprimer les manifestant-e-s ayant osé braver l’interdiction et se retrouvant interpellé-e-s par dizaine, voire
par centaines, sans compter les centaines de contrôles d’identités. La CNT exprime toute sa sympathie et sa solidarité à ces camarades, elle exige leur libération immédiate et qu’aucune poursuite ne les vise !
En termes de politique étrangère, après avoir invité en janvier dernier les pires dictateurs de la planète, voilà que le président de la République s’en va avec son bâton de maréchal frapper à toutes les portes pour trouver ici des soldats, là des avions, dans l’objectif de former une coalition militaire internationale allant de Poutine à Bachar el-Assad, en passant par la Chine, l’Arabie Saoudite, la Turquie, le Qatar, ces pays de haut niveau en matière d’exigences démocratiques et de respect des droits de l’Homme. Mais il est vrai que la France a communiqué publiquement son intention de déroger à la Charte européenne des droits de l’Homme… Elle le fait déjà sur son sol en frappant son propre peuple et notamment ses classes populaires, pourquoi se gênerait-elle
ailleurs ?
La CNT s’étonne du maintien de grandes manifestations sportives et des marchés de Noël ainsi que de l’ouverture des centres commerciaux – toutes activités générant de gros profits – alors que dans le même temps, les droits syndicaux, politiques et démocratiques sont menacés, voire déjà suspendus.
Fière de son histoire et héritière de celles et ceux qui ont participé aux combats pour la liberté tout au long de ces dernières décennies – de la résistance à la libération de Paris du joug fasciste, des luttes syndicales ayant permis l’amélioration des conditions de travail à celles pour les droits des femmes et de toutes les minorités – la CNT est solidaire de toutes les initiatives visant au maintien des libertés individuelles et collectives. Elle revendique le respect intégral du droit de manifester et de s’opposer à la politique du gouvernement ainsi que les droits d’expression et d’organisation. Elle appelle à s’opposer à l’application de l’état d’urgence en participant partout où cela est possible aux diverses initiatives populaires, syndicales, politiques ou associatives allant dans ce sens. Vaincre le fascisme vert de Daesh, bleu du FN ou rose du PS
passe par le combat populaire pour le maintien des acquis sociaux et démocratiques, qui ne doivent pas sombrer ni vaciller dans cette période si trouble mais pourtant charnière quant à l’avenir de nos
sociétés.
La CNT tient à réaffirmer ici sa plus totale solidarité avec les victimes des tueries du 13 novembre, tout comme avec celles et ceux qui subissent les fanatismes politiques et religieux de par le monde,
en Turquie, au Liban, au Mali, au Kurdistan et ailleurs. Notre solidarité n’est pas et ne sera jamais nationale. Elle est internationale et cohérente entre nos désirs de vie ici et le respect de la vie des autres là-bas.

La CNT.
Bureau Confédéral
33 rue des Vignoles, 75 020 Paris
http://www.cnt-f.org cnt@cnt-f.org

Leurs guerres, nos morts

dimanche, novembre 22nd, 2015

Communiqué confédéral de la CNT suite aux attentats du 13 novembre 2015 à Paris

lundi, novembre 16th, 2015

La CNT apporte son soutien aux victimes des attentats perpétrés à Paris dans la nuit du 13 novembre et à leurs proches. Ce massacre a touché des innocent-es, des travailleur-euses, jeunes et moins jeunes, de toutes origines… Tué-es parce que se trouvant sur le chemin des assassins de Daesh qui a décidé d’étendre le conflit du Moyen-Orient sur le sol français, cette guerre à laquelle l’État français participe activement.

Les gouvernements français, de gauche comme de droite, ont largement contribué à la déstabilisation du Moyen Orient et de l’Afrique. Déjà pendant la première guerre du Golfe, malgré les manifestations massives d’opposition de la population, le Parti Socialiste avait imposé la participation de la France à la coalition bombardant l’Irak. Les vingt-cinq ans de guerres, d’embargos et d’occupation qui ont suivi ont fait le lit d’Al Qaeda et de Daesh.

L’État capitaliste français, troisième exportateur d’armes au monde, est un faiseur de guerre, qui vend des armes au Qatar et à l’Arabie Saoudite, dont les liens avec Daesh sont ambigus, et avec la Turquie qui aide Daesh dans sa guerre contre les Kurdes. Des ventes d’armes, des alliances stratégiques avec tel et tel régime dictatorial qui servent les intérêts économiques des grandes entreprises capitalistes françaises.

Là-bas, le plus profond chaos politique favorise des guerres de pouvoir pour la maîtrise du pétrole et des autres richesses. Les rivalités économiques et géopolitiques entre puissances s’exacerbent. Les civil-es de ces pays en sont les premières victimes, comme dans toute guerre. Les tueries comme celles du 13 novembre, les peuples de la région ne les connaissent que trop bien, et c’est précisément cela qui les amène à quitter la maison qu’ils-elles ont bâtie, leur quartier, leurs ami-es et leur famille pour tenter de se mettre en sécurité ailleurs. Quand ils-elles ne périssent pas dans la traversée, c’est en Europe qu’ils-elles essayent de refaire leur vie, dans ces pays dont les gouvernants sont en partie responsables des violences perpétrées dans leur pays. Les migrant-es fuient la terreur ! Comme nous aujourd’hui, ils-elles sont victimes d’une guerre qu’ils-elles n’ont pas choisie. Plus que jamais, aujourd’hui, nous devons renforcer notre solidarité envers eux-elles.

Comme en janvier, nos dirigeants instrumentalisent l’émotion face à ces massacres odieux en appelant à l’unité nationale pour faire taire toute critique légitime de leur politique extérieure impérialiste. Les postures martiales et chauvines des gouvernements ne doivent tromper personne : loin de faire reculer la menace terroriste, elles ne seront que le prétexte à museler toute expression contestataire, tout mouvement social, et elles risquent de provoquer la stigmatisation d’une partie de la population, amalgames et divisions..

Cette guerre qu’ils mènent sur d’autres territoires entraine des conséquences sur le sol français depuis des années, à coup de lois de plus en plus liberticides, de flicages, de discours xénophobes censés nous diviser pendant qu’ils nous imposent des politiques antisociales et rétrogrades. Ils rétablissent maintenant le contrôle aux frontières, rendant plus difficile l’accès au territoire de ceux-là même qui fuient les massacres de Bachar Al-Assad et Daesh. Nous demandons la levée de l’État d’Urgence, des « contrôles aléatoires », du « fichage généralisé ».

Le capitalisme sème la guerre et la misère. Il faut que cesse la politique impérialiste de la France. Cette guerre n’est pas la nôtre ! Ni État Islamique, ni État policier !

Solidarité avec les victimes du massacre du 13 novembre et leurs proches ! Solidarité entre les travailleur-euses du monde entier !

CNT – bureau confédéral

Le 8 octobre 2015 : En grève pour qu’ça chauffe !!!

dimanche, octobre 4th, 2015

Rdv à Angers 10h30 Place du Ralliement !

Lire le communiqué de la CNT ! :
com 8_10-2015 def.

En grève pour qu’ça chauffe !!!
Au vu de la situation catastrophique dans laquelle se trouve aujourd’hui le monde du travail, la CNT participera à la journée nationale d’action et de grève du 8 octobre 2015, aux côtés des bases militantes et des structures mobilisées ce jour là.
En effet, les raisons de la colère sont de plus en plus nombreuses. Après avoir imposé, par les lois Macron, Rebsamen, Sapin, l’ANI ou encore le CICE, les pires régressions sociales jamais égalées depuis des décennies (destruction des prud’hommes, restriction du droit syndical,
destruction du droit du travail et de la protection sociale…) , le gouvernement PS affiche des positions de plus en plus va-t-en guerre, attaquant et divisant frontalement les classes populaires au bénéfice d’un capitalisme libéral sans limite. Comment comprendre son odieuse manipulation des réfugiés de tout pays, qui de part les conflits que la France et ses alliés initient et multiplient à travers le monde, sont de plus en plus nombreux, fuyant ainsi guerre, famine et misère ?
C’est la politique austéritaire pour les classes populaires et l’abondance pour les militaires !
Le discrédit des ripoublicains, parti de droite remplis d’escrocs, de corrompus et de racistes notoires légitimant ses propos, favorise l’extrême droite qui profite du climat délétère crée par la précarité
qui se généralise à toutes les couches de la société : les bas salaires, le chômage, les pressions et répressions quotidiennes, l’abandon des luttes par les organisations syndicales réformistes, lui offre
aujourd’hui les conditions d’une percée électorale .
Nous vivons en ce moment même une des périodes de l’Histoire les plus troubles que l’Humanité ait connue. La concentration des médias et moyens de communications aux mains des Capitalistes tend à faire croire, par la répétition permanente et tout azimut de leur discours, de
l’inéluctabilité des événements et du consentement de la population à la politique libérale et sécuritaire qui nous est imposée . Car c’est bien la gourmandise insatiable des dirigeants politiques, des Rothschild, Bouyges, Dassault, Lagardère, Areva, Total, Renault, PSA et consorts qui, main dans la main avec leurs amis de la Troïka (Union Européenne, Banque Centrale Européenne et FMI) et de l’OTAN, menacent la sécurité du monde et oppressent les travailleurs et travailleuses par delà
les frontières.
Ce sont eux les responsables de la misère, qu’elle soit Grecque, Espagnole, Syrienne ou celle que nous vivons toutes et tous ici au quotidien.
Ce sont eux qui imposent la réduction des postes dans les Hôpitaux, dans l’Éducation, la destruction de l’action sociale, la privatisation des services publics et qui réduisent les dotations budgétaires des collectivités territoriales ou encore de la culture.
Ce sont eux qui donnent des chèques au patronat tel le Crédit Impôt Compétitivité Emploi, l’Accord National Interprofessionnel ou encore des allègements de cotisations sociales toujours plus importants ; baissant ainsi mécaniquement nos salaires socialisés, affaiblissant les caisses de
retraites, de sécurité sociale et de chômage gagnés de haute lutte suite à la seconde guerre mondiale, la résistance et la libération.
Ce sont eux qui permettent les fermetures d’usines, détruisent les conditions de travail au nom de la flexibilité et de la libéralisation du travail, cassent le code du travail, refusent d’embaucher et
d’augmenter les salaires, attaquent ou achètent le syndicalisme .
Parce que l’heure est grave, la Confédération nationale du Travail soutiendra toutes les initiatives de ses syndicats à l’occasion de la journée du 8 octobre, pour construire avec tous les travailleurs dans les assemblées générales et les manifestations, la victoire sur nos
revendications de classe et pour, si ce n’est changer le monde tout de suite, reprendre le chemin de l’espoir, de la solidarité et de la lutte.
Finalement, la CNT invite toutes celles et ceux qui ont conscience qu’il est temps de ne plus céder un pouce de terrain aux patrons, politicards et fachos, à amplifier les luttes actuelles et à construire avec nous celles de demain. Car la lutte des classes n’appartient pas aux syndicalistes vendus, permanents et bureaucrates, mais bien aux travailleurs et travailleuses qui oeuvrent pour la Grève Générale reconductible.

Toutes et tous en grève le 8 octobre !
La C.N.T.

Le 9 avril, toutes et tous en grève et manifestations Face à l’austérité et à la loi des patrons !

dimanche, mars 29th, 2015

Face à l’austérité et à la loi des patrons !
Le 9 avril, toutes et tous en grève et manifestations

Le 9 avril 2015, la CNT participera à la journée de grève et de manifestations initiée par les organisations syndicales CGT, FO et Solidaires. Loi Macron, CICE, réductions drastiques des budgets alloués à la santé et au social, fermetures d’hôpitaux, de classes, d’usines, réforme de l’assurance chômage, stagnation des salaires… partout la colère enfle face au désastre économique, politique, écologique et social qui frappe de plein fouet les classes populaires du pays. La CNT assiste avec satisfaction à la multiplication des initiatives locales, le plus souvent unitaires – et ce malgré les bureaucrates patentés – favorisant l’émergence d’une nouvelle dynamique d’espoirs et de luttes sociales qu’il nous faut faire converger dans la rue le 9 avril.
Dans le même temps, nous assistons à une accentuation des politiques répressives à l’endroit des travailleurs et travailleuses et de tou-te-s ceux et celles qui s’opposent aux politiques anti sociales ou anti écologiques : licenciements pour fautes par ci par là, avertissements, convocations et mises à pied se multiplient…. Suite au décès de Rémi Fraisse en octobre dernier, l’État s’est permis de laisser intervenir des milices sur la ZAD de Sivens… oui des milices ! Dans le même ordre d’idée, le terrorisme permet au gouvernement de détourner l’attention des enjeux sociaux afin de mieux faire passer ses réformes et ses lois sécuritaires !

Pour la CNT, plus que jamais, l’heure est à une riposte d’ampleur, notamment face à une loi Macron qui vise à détruire tous les droits et acquis des travailleur.se.s – travail du dimanche, de nuit, prud’hommes, contrat de travail, CHSCT, délit d’entraves patronaux, code du travail – et qui, couplée avec la future loi sur les Instances Représentatives du Personnel, la réforme de l’Inspection du Travail, et la probable remise en cause des 35 heures nous permet d’affirmer sans détour que ce gouvernement de sociaux traîtres aura bien manœuvré en faveur des intérêts du grand Capital. De plus les patrons attendent avec impatience cette loi qui leur permettra d’user du « fait du prince » sans entraves : l’ambiance au travail que tout un chacun connaît, les fermetures de sites et les licenciements collectifs sont là pour nous le rappeler. Tous ces facteurs créent ainsi le terreau qui renforce quotidiennement l’extrême droite.
C’est pourquoi la CNT et ses syndicats ont décidé de mettre toutes leurs forces dans la bataille à venir. Partout, nous populariserons nos analyses et critiques de la situation et notamment des conséquences désastreuses de la Loi Macron et des politiques d’austérité pour les classes populaires. Partout nous développerons les perspectives de luttes et soutiendrons les actions mises en œuvre par les travailleur.se.s afin de faire du 9 avril un point d’appui à la construction d’une grève interprofessionnelle et reconductible : une grève générale que nous appelons de nos vœux afin de renverser le rapport de force et de construire l’alternative anticapitaliste, internationaliste et autogestionnaire.

Enfin, le 9 avril, alors que certaines bureaucraties syndicales semblent privilégier une manifestation centralisée, excluant ainsi l’immense majorité des travailleur.se.s en lutte et les désarmant en affaiblissant leurs capacités de grève, la CNT invite toutes et tous à faire converger les revendications des différents secteurs et à participer massivement aux initiatives prises localement, afin de faire échec à la loi Macron, aux politiques d’austérité et à la précarité, pour défendre nos droits, nos acquis et nos libertés !

La CNT

Pour en savoir plus :
2_pages_CNT_loi_macron_greve_9avril2015

4_pages_CNT_loi_macron

Loi Macron : le droit du travail fusillé à coup de 49.3 !

vendredi, février 27th, 2015

Loi Macron : le droit du travail fusillé à coup de 49.3 !

Ce mardi 17 février, le gouvernement vient d’imposer via le recours à l’article 49-3, sa nouvelle offrande au patronat : la loi « Croissance, activité et égalité des chances économiques » dite loi Macron. En effet, après le pacte de responsabilité et ses milliards d’euros d’exonérations de cotisations patronales, le gouvernement accède une nouvelle fois aux revendications du MEDEF : plus de compétitivité, de profit et d’impunité pour l’exploitation patronale, moins de protection, plus de flexibilité et de précarité pour les travailleurs.

En effet, le contrat de travail est jusqu’ici considéré par le code civil comme un « lien de subordination permanent », entre deux parties inégales : l’employeur qui dicte les règles, le salarié qui n’a pas d’autre choix que de les accepter pour se nourrir. C’est pourquoi le contrat de travail est régi et protégé par le code du travail. Mais avec la loi Macron, le contrat de travail deviendra un simple contrat ordinaire civil (conclu entre « égaux »), et la relation entre salarié et employeur sera considérée comme une « soumission librement consentie ». La conséquence directe ? La possibilité offerte aux patrons d’éviter les recours devant les prud’hommes en cas de litige, en proposant au salarié de régler son différent à l’amiable… comme si le rapport de force entre les deux parties était équilibré !
Ajoutons à cela l’assouplissement juridique des Plans de Sauvegarde de l’Emploi, permettant aux employeurs de choisir qui licencier comme ils l’entendent, l’allègement des peines concernant les délits d’entraves patronaux, ou encore la destruction définitive de la notion de métiers pour ne plus parler que d’emplois… Tout y passe : c’est la grande braderie des droits et acquis sociaux !

Évidemment on comprend dès lors l’importance de la loi Macron pour les libéraux économiques de tous bords, lesquels se satisferont également du maintien des privilèges des professions libérales, de la libéralisation du transport interurbain et de quelques privatisations qui viennent compléter l’addition… Clairement, la loi Macron constitue un enjeu politicien majeur pour le PS : rallier à sa cause l’électorat libéral de l’UMP, tout en enfonçant à droite sa branche conservatrice.
D’ailleurs, la réforme à venir sur la représentation des salarié-e-s dans les entreprises et l’abrogation des élections prudhommales, contenues fort probablement dans la future loi Rebsamen, finira de boucler le dispositif de modernisation de l’exploitation patronale.

Et tout cela, c’est la gôche qui s’y colle de façon autoritaire comme cela ne s’est pas vu depuis 2006 et….. l’échec du 49-3 face à la mobilisation sociale dite anti CPE. Article 49-3 que naguère elle critiquait, appelant le peuple et sa jeunesse à descendre dans la rue.

Pour la CNT, c’est exactement ce qu’il s’agit de faire aujourd’hui : en prenant contact à la base avec tous ceux et toutes celles qui luttent contre le capitalisme, le libéralisme et l’exploitation patronale ; en expliquant partout, dans les entreprises et dans les rues, pourquoi cette loi est avant tout une terrible régression sociale.

L’heure n’est plus à tergiverser. Partout, dans les Assemblées Générales, dans les grèves, que nous soyons salarié-es du privé, du public, au chômage, retraité-e-s ou étudiant-e-s, faisons converger nos luttes et faisons échec à la loi des patrons !

La C.N.T.

La CNT réagit à l’attaque du siège de Charlie Hebdo

jeudi, janvier 8th, 2015

La CNT réagit à l’attaque du siège de Charlie Hebdo

C’est avec effroi et stupeur que la CNT a appris l’attaque du siège du journal Charlie Hebdo à Paris, ce mercredi 7 janvier 2015.

Avant tout, la CNT apporte son soutien et sa solidarité aux familles des victimes, à leurs proches, à l’ensemble des salarié-e-s de Charlie Hebdo et à toutes celles et ceux que cette atteinte terrible à la liberté de penser a pu toucher.

Cet attentat, ne saurait toutefois nous faire réagir uniquement sous le coup de l’émotion en nous faisant oublier nos principes anticapitalistes, autogestionnaires et libertaires.

Évidemment, personne, aucun-e travailleu-r-se ni aucun-e journaliste ni aucun individu ne saurait être menacé-e, blessé-e ou tué-e pour son travail, les propos qu’il tient ou encore les avis qu’il émet.

Nous tenons également à préciser qu’à aucun moment nous n’accepterons que cet attentat soit utilisé à des fins politiques racistes, haineuses ou sécuritaires, par ceux-là mêmes qui sont en grande partie responsables d’une situation sociale catastrophique, adoptant une politique étrangère impérialiste et guerrière au quatre coins du monde, stigmatisant les musulmans et les étrangers comme boucs émissaires aux fins de s’exonérer de toute culpabilité et de ne pas rendre compte, devant le peuple, de leurs actes. À aucun moment, nous ne ferons d’amalgame entre les musulmans et les pratiques immondes de quelques intégristes religieux.
Dans ce contexte, plus que jamais, la CNT réaffirme que la lutte contre toutes les formes de fascismes (qu’elles soient religieuses ou politiques), de racisme, de xénophobie et de toutes autres causes de divisions des classes populaires, est à amplifier au quotidien et non pas seulement lorsqu’un événement tragique se produit.

La CNT invite toutes et tous à rejoindre le combat antifasciste et à exprimer sa solidarité avec l’ensemble des peuples (partisan-e-s Kurdes, Syriens Libres, Palestiniens, Espagnols, Grecs, minorités opprimées…) combattant le capitalisme, l’autoritarisme, l’obscurantisme, la misère et l’exploitation, peu importe les couleurs que ces fléaux arborent. Enfin, la CNT tient à rappeler la nécessité, coûte que coûte, de garder le cap de la lutte des classes et de l’émancipation internationale des travailleurs sans se laisser aveugler par les chimères nationalistes que la classe dominante cherchera à nous imposer.

No Pasaran !

La CNT

Mort de Rémi Fraisse : les médias encore à côté de la plaque

jeudi, novembre 6th, 2014

« Je demeure convaincu qu’un journaliste n’est pas un enfant de chœur et que son rôle ne consiste pas à précéder les processions, la main plongée dans une corbeille de pétales de roses. Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort, il est de porter la plume dans la plaie. » Albert Londres

Cette citation d’Albert Londres est l’une des plus fondamentales de la profession journalistique. Nous, travailleurs de la presse et des médias, avons le regret de constater que la couverture médiatique autour de l’assassinat de Rémi Fraisse ne donne pas l’impression que la profession s’inspire de celui qu’elle désigne volontiers comme son modèle.
La mort d’un manifestant tué par les forces de l’ordre constitue l’une des plus graves situations que puisse connaître une société qui se veut démocratique. Les différents médias d’information semblent ne pas vouloir, dans leur écrasante majorité, prendre la mesure de l’évènement. Pire, la plupart des rédactions semblent avoir pris leur parti dans cette affaire, là où le public serait en droit d’attendre pour le moins l’impartialité, l’honnêteté et le sérieux.
Ainsi, après que Rémi Fraisse eut été tué dans la nuit du samedi 25 au dimanche 26 octobre, les rédactions s’accommodèrent des informations de la gendarmerie et de celles du procureur d’Albi et se contentèrent de couvrir l’évènement comme un simple fait divers.
Les versions changeantes de la gendarmerie, l’usage avéré de grenades offensives contre des manifestants et, simplement, un mort dans une manifestation en France sont autant de raisons, pour les rédactions, de mener une enquête sérieuse et indépendante, afin de remplir leur rôle de contre-pouvoir.
Dans cette affaire, les rédactions semblent avoir fait leur choix, celui d’être faible avec les forts et fort avec les faibles. Plusieurs médias se sont étonnés de l’absence de réaction du gouvernement dans les premières quarante-huit heures alors qu’aucun n’aura pris la peine de poser les questions qui fâchent à ces mêmes responsables politiques pourtant si disponibles d’habitude pour commenter l’actualité et lancer des petites phrases.
Il a fallu la publication d’une contre-expertise, lundi 27 octobre, pour amener les rédactions à poser la question de l’utilité du projet de barrage du Testet.
En revanche, les mêmes médias se sont permis de relayer des rumeurs sans fondement et des informations non vérifiées à propos des opposants présents sur le site. Ainsi, Rémi Fraisse a été calomnié, les médias se permettant de faire courir le bruit qu’il était sous l’emprise de l’alcool au moment des faits ou encore que son sac à dos contenait des explosifs. Le même traitement médiatique a été infligé à Elsa, l’opposante blessée le 7 octobre à Sivens par une grenade lancée par un gendarme dans la caravane où elle se trouvait avec plusieurs personnes, même traitement médiatique. Dans les médias traditionnels, impossible d’entendre sa version des faits – pourtant étayée par une vidéo montrant un gendarme jeter une grenade dans sa direction – sans que sa parole soit accompagnée de termes mettant insidieusement en doute son honnêteté.
Nous, travailleurs de la presse et des médias, sommes révoltés à plusieurs titres par les dérives constatées dans le travail de nombreuses rédactions. D’abord, parce que ces errances choquent notre conscience de professionnels et d’êtres humains comme elle choque la conscience de tout lecteur ou spectateur en droit d’attendre une information de qualité. Ensuite parce que ces errances ne font que créer un climat de défiance chez beaucoup. C’est à cette défiance que doivent se confronter, de plus en plus, les reporters, journalistes reporters d’images, photographes et techniciens qui couvrent l’actualité sociale. Nous, travailleurs de la presse et des médias, refusons d’être les instruments de l’oppression.
Il ne peut y avoir de démocratie dans un pays où l’État assassine ses opposants.
Il ne peut y avoir de démocratie dans un pays où la presse se rend complice de l’État.

Le Syndicat interprofessionnel de la presse, des médias, de la culture et du spectacle – Confédération nationale du travail.

Dans l’Education Nationale comme ailleurs : l’extrême droite n’a pas sa place

samedi, octobre 19th, 2013

Dans l’Education Nationale comme ailleurs : l’extrême droite n’a pas sa place
Le samedi 12 octobre, le Front national a lancé son « Collectif Racine » censé matérialiser le ralliement d’enseignant-es au parti d’extrême droite. En fait de ralliement, ils ne sont tout au plus que quelques dizaines… pour près d’un million de personnels enseignant-es et d’éducation.
Nous affirmons que les valeurs défendues par l’extrême droite sont contraires à celles au nom desquelles nous agissons au quotidien.
Syndicalistes, nous luttons pour l’égalité des droits et une société débarrassée de toute discrimination : l’extrême droite est notre pire ennemie. Pour nous une injustice faite à l’un ou l’une est une injustice faite à toutes et tous.
Enseignant-es et personnels d’éducation, nous accompagnons nos élèves dans la découverte et l’apprentissage des valeurs de tolérance, de respect, d’égalité et de solidarité, pour qu’ils deviennent des individus libres. Nous les mettons en garde contre les régimes dictatoriaux et autoritaires que nos sociétés ont pu connaître par le passé.
Aujourd’hui la « lepénisation des esprits » a fait des ravages et ce n’est pas en s’attaquant aux Roms comme le fait Valls qu’on y mettra un coup d’arrêt. À ce titre, nous luttons contre toutes les politiques de discrimination, d’où qu’elles viennent.
Nous rejetons viscéralement les « idées » du FN : racisme, homophobie, ultra-libéralisme, retour des femmes au foyer, anti-syndicalisme et politique sécuritaire… C’est en nous mobilisant contre toutes les régressions de nos droits sociaux et démocratiques et pour des alternatives sociales que nous mettrons un coup d’arrêt à la menace fasciste.
Nous appelons les personnels de l’éducation à la plus grande vigilance antifasciste et antiraciste, à rejeter et dénoncer toute action ou initiative du « Collectif Racine » et à se mobiliser contre les idées d’extrême droite et les structures et partis qui lui sont liés.

Fédération SUD éducation, Fédération des Travailleurs de l’Education CNT, CNT-SO, le vendredi 11 octobre 2013