Depuis plusieurs mois, les personnels de l’éducation se mobilisent dans
de nombreux établissements et se sont rassemblés dans des actions
nationales d’ampleur.
Que ce soit du côté des parents
d’élèves ou des enseignants, l’inquiétude et la colère sont grandes
devant les réformes du lycée et du baccalauréat, de la voie
professionnelle, la loi dite de la « confiance » et l’ensemble des
transformations du système éducatif imposées par le Ministre.
Devant
le mal-être croissant des personnels, paupérisés et toujours en proie à
l’austérité salariale, mis devant de graves difficultés
professionnelles, le Ministre n’a jusque-là répondu que par le refus de
toute discussion. Pire, des collègues faisant part de leurs critiques
ont été victimes de rappels à l’ordre et de mesures d’intimidation ; les
pressions et les méthodes de gestion autoritaires se développent.
À
cela s’ajoute le contexte de suppressions de postes à un moment où les
effectifs augmentent dans le second degré et les attaques contre le
service public d’orientation.
Les inégalités d’implantation
des enseignements de spécialité et des options de la réforme du lycée,
les difficultés d’emploi du temps, tant pour les enseignants que pour
les élèves, le rythme effréné des évaluations et un baccalauréat à
valeur locale ; les familles de métiers et la promotion du tout
apprentissage en voie professionnelle ; jusqu’aux incidents récents qui
ont marqué Parcoursup ; les sureffectifs des classes et les suppressions
de postes en collège : tout concourt à accroître les inégalités.
Devant
la gravité de la situation, les organisations syndicales
représentatives du public et du privé, de l’enseignement agricole et les
Stylos rouges, après de nombreuses alertes au Ministre, déposent un
préavis de grève sur le mois de juin. Elles appellent tous les
personnels à poursuivre les actions locales, à se réunir en assemblées
générales pour organiser la grève le 17 juin, premier jour des épreuves
du baccalauréat, et décider des suites, pour :
•une revalorisation des rémunérations ; •le retrait des réformes des lycées et du baccalauréat ; •le retrait des projets de loi « école de la confiance » et «Fonction publique».
Si
le Ministre persistait dans son refus d’ouverture de discussions
rapides, il porterait la responsabilité d’une perturbation dans le
déroulement des examens.
Les organisations se rencontreront de nouveau dès après le 17 juin.
Communiqué de presse avec le soutien des organisations suivantes :
Les attaques patronales soutenues par le « président des riches » se multiplient :
Casse des services publics (éducation, hospitaliers, ferroviaire etc.), casse de l’assurance chômage, plan) de licenciements dans le privé, dérèglementation du temps de travail en imposant toujours plus de flexibilité, temps partiel imposé précarisant encore un peu plus les travailleuses et les travailleurs, fusion des instances représentatives du personnel avec le CSE, référendum d’entreprise permettant d’isoler les salarié.es, la coupe est pleine ! Nous sommes conscient.es que les journées d’appel à mobilisation, sans perspective de reconduction, ne permettront pas de faire reculer le gouvernement, mais nous considérons toujours plus que nécessaire de fédérer les différentes revendications (sociales et économiques) du monde du travail, pour la construction d’un réel mouvement unitaire à la base, pour s’opposer et imposer collectivement nos revendications contre les politiques libérales du gouvernement.
Manifestation à l’appel de la CNT 49, 14 h place du Ralliement à Angers.
La
loi Blanquer remet profondément en cause le fonctionnement des
écoles maternelles et élémentaires.
Elle suscite à juste titre l’opposition massive des enseignants
des écoles et des parents d’élèves. Mais
elle n’est que la déclinaison pour les écoles d’une politique
globale.
On retrouve la même logique dans les « réformes » du
collège et du lycée. La nouvelle « réforme » de la
fonction publique, actuellement en discussion au parlement, reprend
tous les objectifs fondamentaux qui sous-tendent dans le secteur de
l’éducation la politique de Blanquer et de ses prédécesseurs :
autonomie des
établissements,
recrutement de
contractuels,
renforcement des
pouvoirs de la hiérarchie.
Pour
les initiateurs de ces politiques,
il y a urgence à remettre en cause le fonctionnement de la
fonction publique :
elle coûte trop cher
dans la mesure où l’État consacre une part croissante de son
budget à « soutenir » les entreprises privées à coups de
subventions, d’exonérations de cotisations sociales et de crédits
d’impôts. Tout
compris, ces aides diverses coûtent près de 70 milliards d’€
par an. Si l’État est en déficit chronique, c’est pour financer
toutes ces aides, en particulier celles qui ont permis d’éponger
les pertes des banques après la crise de 2008 : les intérêts
annuels de la dette de l’État sont de l’ordre de 40 milliards
d’€. Ce sont
donc 110 milliards d’€
que l’État redistribue globalement au Capital sur un budget total
de 350 milliards.
Or,
en raison de la
réforme des retraites,
la masse salariale de
la fonction publique augmente :
en reculant le départ à la retraite des fonctionnaires, le salaire
de ceux qui devaient partir a mécaniquement augmenté du fait de
l’avancement, et le recrutement de nouveaux fonctionnaires en début
de carrière, donc moins payés, a été retardé d’autant, d’où
l’augmentation de la masse salariale des fonctionnaires. Pour
s’en sortir, le gouvernement actionne donc plusieurs leviers :
1)
Il essaie de supprimer des postes de fonctionnaires.
2)
Il voudrait ne plus avoir à gérer directement le salaire des
fonctionnaires.
3) Il veut recruter des
contractuels à la place des fonctionnaires.
Supprimer
des postes :
Sarkozy
avait décidé de ne plus remplacer un fonctionnaire sur deux partant
à la retraite. Macron veut supprimer 120000 postes dans la fonction
publique. Mais les suppressions de postes passent mal dans l’opinion,
surtout quand elles touchent l’éducation. C’est
pourquoi le gouvernement veut aussi
agir sur d’autres leviers.
Cela
n’empêchera évidemment pas Macron de supprimer un maximum de
postes de fonctionnaires. Il s’efforcera, comme ses prédécesseurs,
de faire en sorte que ce soit le moins visible possible. La
quasi-disparition programmée, et déjà fortement avancée des
Centres d’Information et d’Orientation (CIO) en est un exemple.
Transférer
la gestion des personnels :
L’État
voudrait transférer la gestion du maximum de fonctionnaires d’État,
soit aux collectivités territoriales, soit à des établissements
publics autonomes sur le plan financier, comme il a réussi à le
faire avec les hôpitaux ou les universités.
Aujourd’hui,
chaque université, chaque hôpital est doté d’un budget global
sur lequel il doit tout payer, y compris les frais de personnel.
C’est une véritable catastrophe du point de vue du service public
et de l’emploi public. Les universités, comme les hôpitaux sont
contraints de supprimer des emplois ou de ne pas créer les emplois
nécessaires afin d’avoir un budget en équilibre. Le gouvernement
voudrait pouvoir faire la même chose avec l’ensemble du personnel
enseignant. C’est la raison pour laquelle il veut regrouper les
écoles autour de leur collège de secteur. C’est une première
étape pour créer des établissements autonomes sur le plan
financier sur le modèle des universités. De même l’idée de la
mise en place de « Jardins d’enfants », où une
délégation de service s’opérerait au détriment des écoles
maternelles.
Recourir
massivement aux contractuels :
Dans
tous les cas, le
gouvernement voudrait
remplacer les personnels sous statut de fonctionnaires par des
personnels contractuels,
beaucoup moins bien payés, sans garantie de l’emploi et sans
avancement de carrière.
À
France Télécom ou à la Poste, la possibilité de recruter des
contractuels ne date pas d’hier. Et aujourd’hui, les
fonctionnaires y sont devenus archi-minoritaires. Cela a entraîné
une dégradation massive des conditions de travail dans ces deux
anciennes entreprises publiques, aussi bien pour les contractuels que
pour les fonctionnaires. C’est l’objectif que poursuit le
gouvernement avec sa « réforme » de la fonction publique :
pouvoir recruter des contractuels sur des CDD « de projet »,
autoriser le recrutement par voie de contrat sur les emplois
permanents de catégorie A, B et C au sein de la Fonction Publique
d’État.
La
réforme Blanquer ne prévoit rien d’autre avec la possibilité de
confier la classe, non seulement à des contractuels non formés,
mais même à des étudiants ou à des Assistants d’Éducation.
Renforcer
le poids de la hiérarchie :
Pour
appliquer une telle politique, qui va à l’encontre des intérêts
du personnel, mais aussi à l’encontre de ceux des usagers, il faut
renforcer le poids de la hiérarchie. C’est là aussi l’un des
objectifs de la loi Blanquer avec la quasi-disparition des directeurs
d’écoles par leur mise sous tutelle des principaux de collèges,
mais aussi avec la restriction de la liberté d’expression pour les
enseignants qui devront s’abstenir de critiquer la politique menée
en matière d’éducation, toutes mesures prévues par la loi
Blanquer.
Comme
on le voit, la loi Blanquer s’inscrit dans une logique globale.
C’est pourquoi il est indispensable de lier notre combat contre
cette loi au combat contre la réforme de la fonction publique. Car
c’est une seule et même politique dont la loi Blanquer n’est que
la déclinaison pour les écoles.
Le
comité de grève des enseignants du Maine et Loire
Manifestation samedi 13 avril 14h, jardin du mail à Angers.
La CNT revendique :
Retrait de la Loi Blanquer ;
Le droit de manifester ;
l’augmentation des salaires, des retraites, des minima sociaux, des APL ;
la réduction massive du temps de travail pour le partager ;
la baisse de l’âge de la retraite à taux plein ;
le partage des richesses entre les travailleur·euses ;
la titularisation de tou·te·s les précaires ;
l’embauche massive de personnels dans les services publics (écoles, hôpitaux,…), pour un accueil et des conditions de travail de qualité ; – la gestion de la Sécu par les travailleur·euses et le paiement de toutes leurs cotisations par les patrons pour combler le « trou de la Sécu » ;
La PMA pour toutes ;
Vérité et Justice pour toutes les victimes de violences policières et du système des frontières ;
Régularisation de tous les sans-papiers et abrogation de la loi asile-immigration ;
Liberté de circulation et d’installation et fermeture des centres de rétention ;
Abrogation de toutes les lois xénophobes et racistes ;
Égalité des droits dans l’accès au logement avec ou sans papiers, l’emploi, la retraite, la formation et la santé ;
Droit des résidents des foyers à un logement décent et stable, qu’il soit individuel ou collectif ;
Droit à la vie privée, droit d’héberger, droit de maintenir ses pratiques culturelles de solidarité et d’entraide dans les foyers.
Demain, jeudi 28 mars 2019, Emmanuel Macron le président de la République sera à Angers et dans le Maine-et-Loire pour une journée SAV de son programme ultra-libéral. Comme « l’école de la confiance » porté par M Blanquer et qui offre sur un plateau l’école publique au privé.
La CNT 49 appel à se rassembler et à soutenir toutes les actions demain à 11 h place du Ralliement.
Une nouvelle fois, la loi du marché prend le pas sur le service aux populations. Un service public n’a pas vocation à être rentable, mais doit permettre aux habitantes, habitants, des quartiers populaire, des campagnes de se déplacer librement. En pleine « crise, des Gilets Jaunes » ou l’une des revendications principales est « Plus de service public » dans les campagnes, dans les banlieues, le conseil régional des Pays de la Loire et la direction de la SNCF (et donc le gouvernement) répondent par une fermeture annoncée de dix gares.
En plus des emplois qui disparaîtront, c’est aussi un moyen pour les plus faibles de pouvoir se rendre où ils/elles souhaitent, ou tout simplement aller travailler. C’est encore une fois le tout voiture qui est aussi plébiscitée par les pouvoirs publics qui non d’ailleurs plus rien de public, mais son assujettie au capital et à la rentabilité.
La mascarade du grand débat ne masquera pas la poursuite des privatisations, des destructions d’emplois, de la paupérisation de la population, des barrières entre Métropoles et le reste du pays (Banlieus, Campagnes/Périphéries, DOM-TOM).
La CNT 49 soutien, les usagères et usagers, les cheminotes et cheminots dans leurs luttes contre ces fermetures.