Archive for the ‘CNT STE 49’ Category

SOUTIEN INTERNATIONAL AUX KURDES D’AFRIN

vendredi, mars 23rd, 2018

Depuis quelques jours, l’armée turque bombarde l’enclave kurde d’Afrin, en Syrie, ajoutant ainsi une agression de plus envers ce peuple que la Turquie persécute depuis des décennies : interdiction de parler la langue, répression culturelle, répression physique et exactions diverses, les gouvernements turcs successifs ont toujours nié l’existence des kurdes, avec la volonté d’effacer toute expression et toute résistance, de forcer une assimilation violente et illégitime.

Depuis le début du soulèvement populaire en Syrie, les kurdes ont peu à peu investi la région du Rojava, au Nord de la Syrie, dont Afrin est une extension isolée. La Turquie a évidemment depuis le début regardé avec inquiétude ce qui pourrait devenir à terme un Kurdistan autonome et révolutionnaire. Les puissances impérialistes ont une attitude cynique et ambiguë, dans le sens où elles ne peuvent que soutenir la courageuse et opiniâtre lutte des kurdes contre Daesh, mais elles craignent aussi les expérimentations sociétales révolutionnaires qui émergent au Rojava : fédéralisme, décisions prises par des assemblées, à la base, lutte féministe, égalité de la représentation homme/femme dans toutes les strates de la société, réflexion sur une éducation populaire et alternative pour une société plus juste et émancipatrice.

Personne ne peut savoir sur quelle société ces réflexions peuvent aboutir, mais il est certain que si la Turquie parvient à briser la résistance au Rojava, les grandes puissances internationales ne se plaindront pas de voir disparaître un courant sociétal anticapitaliste…à commencer par la Russie qui a donné son accord pour l’intervention militaire sur Afrin, qui est dans sa zone de contrôle. Le silence des grandes « démocraties » occidentales est assourdissant, alors que c’est ici une population civile qui est visée, pour des raisons politiques (et certainement économiques), en toute impunité.

La Turquie justifie son geste en accusant les kurdes de « terrorisme » (c’est aussi leur argument premier pour justifier la répression des kurdes en Turquie, le traditionnel ressort de « l’ennemi de l’intérieur » cher à tout régime autoritaire pour réprimer ses opposant.es).

Mais elle n’a par contre aucun scrupule à travailler avec des milices islamistes fondamentalistes pour les attaques au sol sur la région d’Afrin…Au même titre que certains groupes industriels occidentaux qui n’hésitent pas à fournir armes, infrastructures ou à passer des accords marchands avec d’autres groupes fondamentalistes, sous la complaisance de nos gouvernements. Le capitalisme n’a pas de frontière !

Il n’y a que la mobilisation des populations, des travailleuses et travailleurs, qui puisse permettre que cette attaque inique ne reste pas dans le silence !

Nos camarades kurdes ont besoin d’entendre qu’elles et ils ne sont pas seul.es dans leur lutte ! Pour le droit des peuples à l’autodétermination, pour la solidarité internationale.

TRAVAILLEUSES ET TRAVAILLEURS FRANÇAIS.ES, KURDES, TURC.QUES, SYRIEN.NES : Unité contre le capitalisme et l’impérialisme !

LA CNT

Après le code du travail, ils veulent la peau des fonctionnaires, du rail, des aéroports, des services public…

dimanche, mars 18th, 2018

Les Syndicats du Maine-et-Loire de la Confédération National du Travail, appel les salarié-es du privé, du public, les précaires et privé-es d’emploi, à cesser le travail et à œuvrer pour la construction d’une grève générale reconductible à partir du 22 mars !

Marche pour l’eau et pour un accueil digne de tous les exilés

mercredi, mars 14th, 2018

 

 

 

 

 

 

 

En quoi ce projet est-il criminel ?

Parce qu’il faut être aveugle ou bien cynique pour croire que quelques règlements, quelques barbelés, quelques policiers de plus peuvent entamer la détermination de ces milliers d’exilés jetés sur les routes. Chaque jour qui passe nous apporte la preuve que ces damnés de notre civilisation capitaliste préfèrent périr noyés en Méditerranée, écrasés sous les roues de camions ou perdus dans la neige des cols alpins plutôt que de continuer à vivre sur les lieux de leur désespérance.

Restreindre leurs droits ne fera que les pousser dans la clandestinité et donc rendre leur survie plus périlleuse encore. Ce énième projet de loi n’a pour but que de criminaliser davantage tous ces « salauds de pauvres » à la dérive sur les routes de l’exil et les livrer à la vindicte nationaliste et xénophobe comme le pouvoir l’a toujours fait pour mieux nous diviser.

 

 

 

Samedi 17 mars, nous marcherons dans les rues d’Angers pour dénoncer les conditions indignes d’accueil mises en place par les pouvoirs publics des personnes qui ont dû se résigner au choix douloureux de l’exil et qui cherchent l’asile dans notre pays. Nous dénoncerons en particulier le recul des droits des étrangers et la maltraitance institutionnelle qui se met en place à leur encontre à travers le projet de loi asile et immigration du gouvernement.

Nous mettrons en lumière cette politique indigne par l’exemple concret à Angers du refus des pouvoirs publics de donner accès à l’eau aux migrants qui ont trouvé refuge sous les toits des auto-réquisitions de La Rose et de La Romanerie.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Des personnes en souffrance habitant Angers sont actuellement volontairement privées d’eau !

Nous n’acceptons pas cet état de fait.

Par conséquent, nous appelons tous les Angevins à venir manifester leur indignation le samedi 17 mars. Puisque la ville d’Angers refuse toujours d’offrir son eau aux personnes exilées réfugiées dans les auto-réquisitions, nous irons nous-mêmes ensemble à la recherche de cette eau qui leur est défendue !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La marche débutera Place du Ralliement à 15 heures (1). Nous nous rendrons, munis de baguettes de sourcier et d’accessoires de toilette, sur les lieux susceptibles d’abriter une source d’eau potable :

la préfecture (2), le conseil départemental (3), l’hôtel de ville (4) et le siège d’Angers Loire Métropole (5). Nous déposerons alors sur les façades de ces quatre bâtiments administratifs, des messages exprimant notre demande et notre colère.

De retour sur la place du Ralliement vers 16h30, nous organiserons la distribution pour tous les participants à cette « marche pour l’eau » d’un grand verre d’Apeldère, l’eau miraculeuse de la ville d’Angers puisque capable, d’après notre maire, d’attirer les migrants du monde entier…

Les fonds collectés par cette distribution iront aider les demandeurs d’asile actuellement en déshérence à Angers.
Le tout en chansons bien sûr !

Au-delà du fait d’exiger des autorités qu’elles donnent enfin accès à l’eau à ces quelques personnes étrangères exclues et maltraitées, nous attendons bien évidemment des pouvoirs publics la mise en place de véritables conditions d’accueil, dignes et fraternelles, pour tous dans notre ville !

La guerre économique, disait Gandhi, est une torture prolongée et ses ravages ne sont pas moins cruels que ceux que décrivent si bien les ouvrages sur la guerre. Nous nous préoccupons moins de la guerre économique parce que nous sommes habitués à ses effets mortels. Le mouvement contre la guerre est juste mais je crains pourtant qu’il ne soit voué à l’échec s’il ne s’en prend à la racine du mal : l’avidité humaine. »

Aujourd’hui, ses victimes viennent frapper à nos portes pour réveiller nos consciences. Demain, ses rangs grossiront encore davantage des victimes du changement climatique. L’irruption de ces milliers d’exclus dans nos vies « privilégiées » sonne notre dernière chance de vivre autre chose que la barbarie qui s’annonce, de faire enfin le choix d’une vraie civilisation, d’imaginer et de construire de nouveaux rapports sociaux basés sur le bien commun, l’entraide et le partage.

Eux, ont déjà tout perdu.

Nous, allons perdre le peu d’humanité qu’il nous reste, seule règnera l’indifférence sur cette terre dévastée.

Les mains tendues de nos frères sont là avant tout pour nous questionner et pour nous rassembler.

A samedi 17 mars !

Premiers signataires de l’appel : CSSP 49 – Le CERCLE – NPA 49 – AL 49 – LEA 49 – Collectif Segréen pour la Libre Circulation des Personnes – Syndicat de la Médecine générale – la revue pratiques – Médecins du Monde Angers – …

Contact : lecercle49.wordpress.com

Jérusalem, capitale de la Palestine !

vendredi, mars 9th, 2018

Omar est étudiant à l’Université Al Quds Jérusalem, militant au centre social Laylac, dans le camp de réfugiés de Deisheh, Béthléem. Il nous livre ici une réaction à chaud après la décision de Donald Trump, le 6 décembre dernier, d’appliquer la décision du congrès (votée en 1995 mais sans cesse repoussée, par peur d’un embrasement) de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël.

« Face aux multiples prises de positions de la communauté internationale concernant les réactions des Palestiniens et la légitimité de leurs actions suite à l’annonce de Donald Trump, moi aussi, j’ai quelque chose à dire…

Jérusalem, capitale de la Palestine !

Bien que la Palestine soit sous l’occupation sioniste israélienne depuis 1948, les Palestiniens doivent encore et encore prouver qu’ils subissent réellement une occupation. La lutte des Palestiniens a pris des formes bien différentes au fil du temps : résistance armée, processus de paix et diplomatie, voire les deux en même temps… Mais toutes ont conduit à rester exposés à des régimes technocrates des plus déshumanisants et colonialistes. Pendant que la communauté internationale et les grandes puissances ferment les yeux sur la situation, apportant ainsi un grand soutien au gouvernement israélien, il est légitime pour les Palestiniens de lutter contre le système sioniste de quelque manière qu’ils jugent utile. […] Le monde entier doit savoir que lorsque l’oppression et la violation des droits deviennent des processus de légitimation de l’État d’Israël, la réaction, quelle qu’elle soit, doit être reconnue comme un processus de libération.

Après que Donald Trump, président des États-Unis, a mis sur la table la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël, les Palestiniens ont la légitimité et le devoir de réagir. Le « processus de paix » de 1993, connu sous le nom d’accords d’Oslo, n’a abouti à rien d’autre que la possibilité pour Israël de devenir plus dominant et plus agressif. Alors que les dirigeants de l’autorité palestinienne s’en tiennent à cet accord, les Israéliens confisquent depuis cette date les terres en toute impunité, construisant davantage de colonies en Cisjordanie, ignorant le droit au retour de 5,6 millions de réfugiés et les résolutions internationales du Conseil de sécurité de l’ONU sur le droit des Palestiniens, qui n’aspirent qu’au respect de ces résolutions, ce que refusera toujours l’occupation israélienne qui les bafoue sans être inquiétée. La reconnaissance de Donald Trump apporte la preuve que, non seulement, Israël peut ignorer ces résolutions mais aussi que les Palestiniens sont laissés seuls face à ces mécanismes d’apartheid et de colonisation […].
100 ans après la déclaration Balfour[1], 70 ans depuis la résolution de l’assemblée générale des Nations-Unies appelant à la partition de la Palestine en deux États (avec la ville de Jérusalem en tant que corpus separatum) et 50 ans depuis la résolution 242, qui demande le retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés pendant la guerre de 1967, Trump déclare donc Jérusalem comme capitale d’Israël… déclaration prise par un partisan de l’apartheid et du racisme, basée sur une idéologie absurde, qui renvoie le conflit à un aspect religieux et des arguments contestables, sans s’encombrer de rigueur historique et de considérations pour le peuple palestinien. Il tient le discours de l’occupant et le légitime, par son caractère soi-disant sacré, immuable.
Les Palestiniens sont perçus comme des radicaux et doivent toujours justifier de leurs comportements. Peu importe la réaction, elle sera considérée comme violente, « islamiste », dénigrée par ceux qui n’ont qu’une vision étroite de l’Histoire et de nos luttes – quand les dirigeants israéliens et américains n’ont, eux, jamais à justifier leurs actes.
Enfin, c’est également l’occasion de rappeler que les points de vue modérés ne sont plus les bienvenus et ne mènent nulle part. Quiconque ne soutient pas les Palestiniens aide l’oppression à aller plus loin.

Jérusalem est la capitale de la Palestine.

#Boycotter Israël. Le moins que l’on puisse faire…»

Omar Hmidat, militant au centre social Laylac, camp de réfugiés de Deisheh, Bethléem.
Traduction réalisée par le groupe de travail Palestine.
Photographie : Arrestation de Fawzi Muhamad El-Juneidi, âgé de 16 ans, centre ville d’Hébron, Cisjordanie, 7 décembre 2017.

[1] Déclaration signée par le ministre britannique des affaires étrangères, Arthur Balfour, en 1917, annonçant l’intention du gouvernement britannique de favoriser l’établissement d’un « foyer national pour le peuple juif » en Palestine.

Article publié dans le Combat Syndicaliste n°431 (Février 2018)

http://www.cnt-f.org/international/Jerusalem-capitale-de-la-Palestine.html

Les femmes doivent avoir les mêmes droits que les hommes

jeudi, mars 8th, 2018

Le 8 mars prend cette année une dimension particulière suite à l’affaire Weinstein. De toute part, le sexisme est de plus en plus mis au jour par des femmes courageuses, qui osent révéler les agressions quotidiennes, verbales, physiques et sexuelles qu’elles subissent.  Si cette parole est indispensable, elle n’est souvent audible qu’à concurrence de l’espace qui lui est
laissé par les hommes.

On a encore récemment vu, suite aux milliers de dénonciations opérées par les femmes à travers le monde, des hommes condamner ces déclarations, en recourant à un ensemble d’arguments antiféministes usés jusqu’à la corde. Il est bien évident que les femmes sont les mieux placées pour dénoncer les violences qu’elles endurent, pour lutter contre les inégalités qui les frappent. Cependant, si les femmes demeurent les seules à lutter pour leurs droits, l’abolition complète du patriarcat continuera de rencontrer les plus grandes résistances. Ces obstacles seront d’autant plus fermes que les hommes sont structurellement en situation de pouvoir institutionnel, dans le couple, dans l’entreprise, à l’école, dans la rue, au Parlement. Ils tiennent la position de «dominant
» face aux femmes qui sont les «dominées» dans nos sociétés structurées par le patriarcat. Les femmes ne peuvent donc pas compter sur une bonté spontanée des hommes afin que ceux-ci abandonnent leurs privilèges.

Or, les hommes peuvent renoncer à leurs privilèges, ils en sont libres à chaque instant. Ils peuvent participer à la lutte des femmes contre leur servitude en renonçant aux bénéfices qu’ils
possèdent, avantages qui sont toujours acquis et conservés contre les femmes. Conserver ses privilèges, c’est donner son accord à l’exploitation et à la domination des femmes.
Cette participation des hommes à la lutte féministe ne doit pas se faire au détriment des femmes, ce qui serait alors purement contre-productif. Elle ne doit pas non plus être une posture qui
est destinée à produire une image flatteuse de soi-même. L’action des hommes doit s’inscrire dans les espaces qui leur sont propres et réservés. Les hommes sont dotés, par la structure
fondamentalement inégalitaire qu’est le patriarcat, d’un pouvoir exorbitant. Il est temps pour eux de suivre leurs rares prédécesseurs masculins et de mettre leur pouvoir au service de l’égalité de genre.

L’urgence est telle, pour les femmes, que les mots ne suffisent pas. On ne peut pas se contenter des déclarations de principe. Il faut agir. Et, si les femmes sont quotidiennement aux
prises avec le sexisme et le patriarcat, les hommes sont pour l’instant confortablement préservés, et bénéficient même de la situation, qu’ils le souhaitent ou non. Il leur faut alors s’engager, par des
actes honnêtes, réfléchis et constants, dans la lutte pour la cause des femmes.

Cela commence évidemment par une profonde remise en question de soi, et de ce qui constitue la masculinité. Cette position de lutte doit s’ancrer politiquement, en opposition aux comportements patriarcaux (insultes sexistes, récit de conquêtes sexuelles, commentaires infamants, etc).

Il s’agit de refuser les paroles et les actes sexistes, de condamner ces violences, d’apporter son soutien aux femmes lorsque celles-ci en ont besoin. Il ne doit pas s’agir de parler ou d’agir à la
place des femmes, mais à côté d’elles, en se tenant prêts à les aider. Les hommes ont un rôle à jouer
dans cette lutte pour l’égalité.

A la CNT, nous affirmons que c’est ensemble, chacune et chacun pouvant agir à sa manière, que nous pourrons espérer faire disparaître autant rapidement que possible le patriarcat et le sexisme, et accéder enfin à l’égalité de genre.

CNT 73

Pour la fermeture du bar identitaire l’Alvarium !

dimanche, février 11th, 2018

Contre l’université start-up !

mardi, février 6th, 2018

L’Assemblée Nationale a adopté le projet de loi relatif à l’orientation et à la réussite des étudiants le 19 décembre 2017. La plate-forme Admission Post Bac (APB) est remplacée dans l’urgence par « parcoursup », censée être fonctionnelle courant janvier. Le gouvernement a profité du caractère arbitraire du tirage au sort mis en place par APB pour prétendre que la sélection à l’université était la seule solution. Si le tirage au sort n’était évidemment pas une solution, la sélection à l’université l’est encore moins. Mais face à l’échec du tirage au sort, l’État peut imposer sa nouvelle réponse en affirmant que celle-ci est bien plus légitime en permettant aux élèves les plus « méritant·e·s » d’obtenir la formation de leur choix.

Les élèves candidatant à une formation pourront désormais se voir répondre « oui si » par les enseignant·e·s de la fac chargés de classer l’ensemble des candidats, ce qui les obligera à suivre un ou des modules complémentaires pouvant durer jusqu’à un an, sans assurance d’être pris·e·s après, et avec les conséquences financières que cela représente pour certain·e·s de passer une année sans revenus (qui en plus ne comptera pas au niveau académique). Il s’agit là d’une sorte de redoublement d’office avant même d’avoir mis les pieds dans sa formation. Cette mise à niveau, sera obligatoire pour tout·e élève ayant obtenu un « oui si », mais les contours en sont encore flous. En 2016, 7 élèves sur 10 étaient obligé·e·s de travailler (que ce soit de manière régulière ou non) pour financer leurs études. Leur demander de financer une année nulle ne peut donc qu’être un motif de découragement.

Les capacités d’accueil de certaines filières où il y a plus de demande que d’offre seront parfois augmentées, mais sans augmenter les effectifs d’enseignant·e·s, déjà à bout de souffle, et pas suffisamment pour satisfaire entièrement la demande. On voit donc difficilement comment les candidat·e·s obtenant un « oui-si » pourraient tou·te·s être admis·e·s après avoir suivi leurs modules complémentaires: cela servira donc plutôt à décourager les élèves dans l’espoir qu’ils et elles se réorientent d’elles même. Un calcul cynique qui risque de fonctionner.

Les élèves qui n’auraient été accepté·e·s dans aucune filière se verraient indiquer une proposition de formation en fonction de leur projet d’étude et de leurs notes: on leur enlève donc maintenant le droit de faire les études de leur choix. L’État considère que dorénavant l’objectif est de faire des études quelles qu’elles soient et non plus de faire les études que l’on souhaite. Or quand un·e élève se retrouve dans une filière qui ne lui correspond pas, l’échec est généralement au rendez-vous.

Si l’objectif de cette réforme est de réduire les taux d’échec en licence cela risque d’être compliqué avec de telles mesures. En 2016, seuls 29% des étudiant·e·s inscrit·e·s en licence obtenaient leur diplôme au bout de 3 ans. Favoriser la réussite implique non pas d’instaurer une sélection, mais de permettre aux étudiant·e·s de suivre les études qui leur correspondent dans de bonnes conditions et, pour cela, il faut augmenter le nombre de places dans les différentes filières. Les réformes prévoient une licence à plusieurs vitesses en fonction du niveau de l’étudiant·e: celle-ci pourra désormais se passer en 2, 3 ou 4 ans. Là encore ce sont les élèves les plus démuni·e·s qui vont être touché.e.s par cette réforme qui demandera à certain.e.s de financer leurs études pendant 4 ans et non plus pendant 3 ans.

Ces réformes ne font qu’accroître la compétition entre les établissements, mais seront aussi un véritable frein pour les élèves venant d’établissements situés en zone d’éducation prioritaire, car il ne fait nul doute qu’à niveau égal un·e élève venant d’un grand lycée parisien passera toujours avant un.e élève issu d’un lycée de banlieue.

Les enseignant·e·s se retrouvent elles et eux aussi affecté·e·s par ces réformes. Les profs principaux devront désormais déterminer dans quelle filière doit s’orienter l’élève (avis qui sera transmis aux universités). Or cela ne fait absolument pas partie de leur attribution.

En bref, tout le monde est perdant: les élèves découragé·e·s qui ne tenteront même pas le coup, celles et ceux qui perdront un semestre ou un an sans même qu’on leur ait laissé une chance d’essayer, les enseignant·e·s qui auront plus d’élèves et devront aussi assurer les modules complémentaires sans augmentations d’effectifs.

Il existait pourtant une façon de satisfaire tout le monde: il faut augmenter les effectifs et accepter tou·te·s les candidat·e·s ! Mais pour ça bien sûr, il faut plus de moyens. Où trouver l’argent ? Par exemple dans les milliards du crédit impôt recherche qui sert d’évasion fiscale aux grandes entreprises, ou dans ceux de le recherche militaire qui sert à inventer l’impérialisme français de demain ?

Contre l’université start-up, la CNT soutient toutes les tentatives concrètes pour une recherche et un enseignement supérieur au service de tout·e·s :

Expérimenter des pédagogies alternatives, développer les universités populaires et les UFR autogérées, permettre à tout·e·s la formation tout au long de la vie et l’accès à plusieurs domaines de connaissance plutôt qu’une spécialisation unique et étriquée, s’organiser en équipes et laboratoires non-hiérarchiques, développer et utiliser les logiciels libres, donner libre accès aux résultats de la recherche, publier dans les revues gratuites plutôt que dans celles à haut « impact factor », avoir une indépendance dans les choix des sujets de recherche… Mais cela ne suffit pas, car le système capitaliste et les états centralisés et bureaucrates font tout pour entraver le développement de ces initiatives. Seules la lutte et l’organisation collective permettront d’établir un rapport de force suffisant afin d’obtenir ce que nous voulons :

  • Une Université et une Recherche autogérées où les buts et les orientations se décident ensemble, étudiant·e·s, personnel enseignant et non-enseignant.
  • L’arrêt du recours aux contrats précaires et à la sous-traitance au sein des universités. Une Université et une Recherche de qualité, cela commence par des emplois stables pour l’ensemble du personnel.
  • Rééquilibrer les financements entre universités et grandes écoles, et à terme, redonner à l’université la mission de former les futur·e·s ingénieur·e·s.
  • Une abolition des hiérarchies salariales; et cela commence par une augmentation des plus bas salaires.
  • Que l’encadrement d’un·e doctorant·e soit assuré par une équipe ou un laboratoire auquel il/elle serait intégré·e comme tout autre personnel du laboratoire et non plus par un·e unique chercheur·euse ayant tout pouvoir sur l’avenir de l’étudiant·e.
  • L’abandon du projet de loi introduisant une sélection à l’entrée en licence.
  • Le transfert des milliards du Crédit Impôt Recherche vers la recherche publique et de ceux de la recherche militaire vers les autres domaines.
  • La régularisation de tou·te·s les étudiant·e·s sans papiers.

Ce dernier point est particulièrement d’actualité. En effet, depuis septembre, partout en Île de France, les préfectures se refusent à recevoir les dossiers de demande de régularisation, tout dépôt est jusqu’à ce jour impossible. Cela est l’aboutissement d’une dégradation terrible des conditions d’accueil des étudiant·e·s étranger·e·s depuis 10 ans. Alors que des dépôts collectifs (qui offrent le plus de chance aux étudiant·e·s notamment isolé·e·s) étaient encore acceptés, les étudiant·e·s de L1, L2 et L3 étaient également autorisé·e·s à déposer des dossiers. Ce n’est plus le cas depuis novembre 2015.

Nous appelons ainsi à se rendre au rassemblement organisé par des étudiant·e·s sans papiers avec le soutien de RUSF. (Mercredi 31/01 à 10h au 21 rue de la montagne Sainte-Geneviève 75005)

CNT FTE

Éducation populaire: La Revanche d’Ataï en soutien à l’USTKE

mercredi, janvier 31st, 2018

EHPAD et ADMR: Une urgence sociale à se mobiliser pour nos services publics

mercredi, janvier 31st, 2018

Depuis plusieurs années, les agent.es des EHPAD, comme celles et ceux issu.es d’autres établissements relevant de la fonction publique hospitalière et des services à la personne, subissent une grave détérioration de leurs conditions de travail.

Les différentes réformes au sein des établissements publics n’ont fait que dégrader profondément les conditions de travail de l’ensemble des personnels. A coup de coupe budgétaire, de mesures d’austérité, l’ensemble des salarié.es est confronté à :

-Un rythme de travail insupportable :le personnel soignant est soumis à un temps défini par résident.e (soins, toilettes etc), avec un effectif à la baisse et une charge de travail revue à la hausse ;

– Des horaires particulièrement contraignants : 10/12 heures, horaires en coupé ;

– Une flexibilité et une mobilité qui s’accentuent : Difficulté à prendre des congés, personnel réquisitionné pendant les repos pour pallier le sous-effectif ;

– Recours à des contrats de plus en plus précaires, à coup de CDD renouvelés tous les mois, sans réelles perspectives d’embauches, et des temps partiels imposés.

– Des bas salaires, ouvrier.e comme personnel soignant avec aucune valorisation des métiers.

LA COUPE EST PLEINE ! DEVONS-NOUS ACCEPTER CE QUOTIDIEN ET INFLIGER A NOS RÉSIDENT.ES UNE FORME DE MALTRAITANCE « AUTORISÉE » SOUS COUVERT DE PRODUCTIVITÉ ET DE RENTABILITÉ ? QUEL SERVICE PUBLIC SOUHAITONS-NOUS ?

Car la réalité du quotidien est là :

Faute de personnel, faute de moyens mis en œuvre, les résident.es sont les premier.es victimes des politiques économiques mises en place par les différents gouvernements. Juste bon.nes à payer leur chambre, au prix de leur survie finalement :

-Douché.es une fois par semaine (quand c’est possible) ;

-10 min de toilette par jour ;

-Hygiène douteuse dans les chambres faute de temps et de personnel ;

-Repas servis à la va-vite etc… ;

-Infantilisation des personnes agées ;

-Animations rares et sans attraits ;

La réforme sur la tarification accentuera ces graves dégradations !

Pour désamorcer la situation, la ministre de la santé vient d’informer que 50 millions d’euros seront débloqués. Une aumône, un écran de fumée face à l’asphyxie des EHPAD et des associations d’aide à domicile. Car cela ne représente guère plus de 2500 postes sur les 7000 EHPAD existants….

Élever la voix, ou partir…

Voilà à quoi l’ensemble des agent.es sont confronté.es depuis quelques années au sein des différents établissements. L’impression de ne pas être entendu.es alors qu’ils et elles sont au cœur des métiers. Des directions qui imposent encore toujours plus de nouvelles formes d’organisation du travail pour satisfaire les exigences budgétaires. Cela a de de graves répercussions morales et physiques sur l’ensemble du personnel (augmentation de la charge de travail, culpabilisation permanente etc.). Pire, les cadres de santé poussent vers la sortie celles et ceux qui ne sont pas d’accord.

Ça ne peut plus durer, libérons la parole !

Combien d’agent.es sont résigné.es, en plein craquage ? Il est temps de porter nos revendications collectivement. Pour instaurer un semblant de démocratie dans les établissements, des directions procèdent à la consultation des salarié.es à travers un questionnaire soi-disant anonyme, sur les conditions de travail. Il s’agit en réalité d’une escroquerie, permettant de calmer la colère des agent.es.

Pour la CNT, il y a une urgence sociale à se mobiliser, à faire entendre nos voix..

Une lutte exemplaire…

Le personnel de l’EHPAD des « opalines » dans le jura, a montré avec force et détermination (117 jours de grève !), que collectivement, par un rapport de classe, nous pouvons obtenir des victoires sociales. Les camarades ont obtenu une prime de 450 euros par an, 3 semaines de congés supplémentaires et la création de deux postes d’aides soignantes.

La fédération des travailleuses et travailleurs de la santé et du social de la CNT appelle donc l’ensemble du personnel, l’ensemble des familles et plus largement l’ensemble de la population à se mobiliser face à la marchandisation des services publics hospitaliers.

Pour la dignité et pour réel accompagnement des personnes âgées

nous contacter :

Mail : fede.sante-social@cnt-f.org

Assurance chômage, ni négociations, ni marchandages, gréve générale et autogestion !

samedi, janvier 20th, 2018

Les offensives contre les droits des travailleurs et des précaires se poursuivent. Après « El-Khomri », la baisse des APL, la suppression de l’ISF, l’augmentation de la CSG, et les ordonnances, Macron ouvre un nouveau chantier : l’assurance-chômage !

Dès le jeudi 11 janvier, le gouvernement, le MEDEF et les syndicats se réunissaient pour une première réunion de « négociations » ou plutôt de chantage. Pour les « soi-disant syndicats responsables », Macron a prévu des petits cadeaux pour faire passer toutes les horreurs d’avant, « ouverture des droits aux travailleurs indépendants et aux démissionnaires », une miette que les syndicats dit « représentatifs » se presseront d’ériger en victoire !

Derrière cette « avancée », se cache la forêt de la précarisation, d’une plus grande soumission au patronat et du flicage généralisé des intermittents du travail. Le patronat et son ministère du travail vont « multiplier par cinq les équipes de contrôles » et « renforcer les sanctions » tout en supprimant 250 postes à Pôle Emploi!

Pour les précaires et ceux qui viennent de perdre leurs emplois la double peine, déjà tu n’as plus de « job », tu vas devoir justifier tous les jours de pourquoi tu n’en trouves pas un autre et si par malheur tu as le culot de refusé de déménager à 200 km de chez-toi pour un CDD de 6 mois, tu perdras tes droits!… Tout cela sous couvert de faire la chasse aux « fraudeurs », les pauvres volent tellement d’argent à l’Etat que nous sommes au bord de la faillite. A côté de ça, l’optimisation et l’évasion fiscale pas de problème! Le patron d’Amazon vient d’empocher 35 MILLIARDS de dollars en une année!

Les syndicats dits « représentatifs » sont tous d’accord pour négocier « serrer » avec le patronat, pour eux « ces mesures sont la ligne rouge ». Combien de « syndicats soi disant responsables » sous couvert d’avoir obtenu la « miette » citée plus haut finiront par signer en déclarant avoir « négociés »  et qu’il y a des « avancées » ? Les « buros » des grandes centrales emmèneront-ils une fois encore les travailleurs/euses et précaires en balades dans les rues pour rien ? D’autres se saisiront-ils de la justice en espérant avoir un résultat avant dix ans ?

Les syndicats du Maine-et-Loire de la Confédération National du Travail refusent toutes négociations avec le patronat et ses sbires du gouvernement, appelle à la grève général reconductible et à l’auto-organisation des travailleurs/euses.

La C.N.T. revendique :

  • Le retrait de la loi travail et autres lois/ordonnances patronales ;
  • L’autogestion des caisses de la sécurité sociale, par des salarié-es élu-es (élections sociales) ;
  • L’arrêt des exonérations de cotisations sociales patronales et l’augmentation des budgets ;
  • La titularisation de tous les emplois précaires des services publics et un CDi pour tous et toutes dans le privé
  • Le renforcement du droit syndical
  • L’amnistie pénale et civile pour l’ensemble des militant-es syndicalistes condamné-es ;
  • Une augmentation significative des salaires et une diminution du temps de travail sans flexibilité ;
  • La fin du flicage des chômeurs et précaires.